Nos analyses environnementales (2/2)

Le Beach-Cross de Berck-sur-mer peut-il avoir des conséquences sur la vie présente dans le sable de la plage ? Afin de répondre à cette question, le GEMEL (Groupe d’étude des milieux estuariens et littoraux) a été sollicité par l’organisation, à la demande des autorités environnementales, pour effectuer une étude scientifique lors de l’édition 2024. 

PEU OU PAS DE VIE MARINE

Des prélèvements ont ainsi été effectués avant la compétition, puis huit jours après celle-ci, sur des zones empruntées par les pilotes et sur des secteurs témoins. Seize stations ont été étudiées, réparties entre deux transects situés dans la zone de course et deux autres, au nord et au sud du circuit, servant de zones témoins.  » On a fait des carottages pour prélever un peu de faune benthique, des micro invertébrés qui vivent dans les premiers centimètres du sable de la plage (de petits crustacés, des vers, des mollusques). explique Céline Rolet, la directrice du GEMEL. Ces invertébrés sont importants pour la chaine alimentaire, ils vont notamment servir de nourriture pour les oiseaux marins, et notamment les limicoles qui sont de petits échassiers. On analyse également la granulométrie du sédiment et sa teneur en matière organique ». 

Après études des divers échantillons, il apparait qu’aucune différence significative n’a été observée dans la faune benthique entre les prélèvements réalisés avant et après l’événement. Ni la densité des organismes vivant dans le sable ni la diversité des espèces recensées n’ont montré d’évolution significative attribuable au passage de la course. Les comparaisons avec les zones témoins n’ont pas davantage révélé de différence notable. L’étude a également examiné la nature du sédiment. Là encore, la taille médiane des grains de sable est restée stable entre les deux campagnes de prélèvements. Une légère variation de la teneur moyenne en matière organique a bien été mesurée dans la zone de course, mais les chercheurs précisent qu’elle ne peut pas être formellement attribuée à la course. 

Cette étude sur la bio-diversité marine insiste par ailleurs sur un point important : le périmètre sur lequel se déroule la course ne comporte que peu ou pas de vie marine (on dit que la zone est azoïque). Concrètement, cela signifie que la plage centrale de Berck-sur-mer, sur sa partie haute (vers la digue) est d’une faible biodiversité. Cela est principalement dû à une forte présence humaine depuis des décennies. En concentrant son circuit sur le secteur du haut de plage, la compétition évite ainsi des zones plus sensibles, vers l’estran. 

Cette étude ne prétend pas démontrer l’absence de tout impact possible, mais elle établit qu’aucune dégradation mesurable de la faune benthique n’a été mise en évidence dans le cadre de cette évaluation.