Une fois que tu sais cela, il n’est plus possible de continuer à organiser une compétition de sport mécanique, qui plus est sur une plage, sans se poser quelques questions, sans essayer de faire les choses autrement. Nous nous y efforçons depuis que nous avons repris l’organisation de l’événement en 2024. Avec conviction, détermination et humilité. Sans oublier que nous faisons aussi partie du problème. Et sans avoir la prétention de penser que, grâce à nos actions, la planète se portera mieux.
On pourrait pourtant ne rien changer, continuer le business as usual, en s’appuyant notamment sur quelques chiffres. En comparant par exemple les 17 000 litres d’essence utilisés chaque année par tous nos participants avec les…100 millions de barils de pétrole que l’Humanité consomme chaque jour (soit 16 milliards de litres). Dit autrement : l’ampleur du chantier est si vaste que notre course, à elle seule, n’est qu’une petite goutte d’eau.
C’est à la fois désespérant et réjouissant.
Désespérant : quoi que l’on fasse, le dérèglement climatique est en marche et les mesures que nous prenons à l’échelle de l’épreuve n’y changeront pas grand chose à court terme. (Tout comme l’arrêt pur et simple de celle-ci, soit dit en passant).
Réjouissant : nous n’avons pas le poids de l’avenir de l’Humanité sur nos frêles épaules.
Alors ? Alors essayons !
Et déplaçons le débat sur un autre terrain : celui de la responsabilité, de l’exemplarité, de la sensibilisation, de l’effet d’entraînement, de l’élan collectif. On n’a pas besoin d’être parfaits, on a juste besoin d’être nombreux. Et de donner du sens à nos actions. Repenser (nos modes de transports ou d’alimentation), renoncer (à nos véhicules inutiles), préserver (le vivant qui nous entoure), mesurer (nos impacts), limiter (nos jauges), réduire (nos déchets), réutiliser (nos banderoles), récupérer (nos dossards)… Faire moins. Mais mieux. Parce qu’il se déroule sur une plage et parce que la nature est son décor principal, le Beach Cross de Berck-sur-mer se doit de placer les questions écologiques au cœur de son action. Etre une épreuve de sport mécanique n’est ni un obstacle ni un prétexte à cette prise de conscience environnementale. Notre démarche est sincère et nous comptons bien emmener avec nous nos pilotes, nos spectateurs, nos partenaires et toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, participent au succès de cet événement depuis plus de 20 ans.
Faire moins, mais mieux
Commençons par la fin : la planète se réchauffe, le climat se dérègle et la biodiversité s’effondre. Tout ça, notamment, parce que nous brulons trop de charbon, de gaz et de pétrole, ce qui envoie une quantité trop importante de CO2 dans l’atmosphère. Et nous le faisons à un rythme si élevé que la température moyenne va s’élever de 3 à 4 degrés d’ici la fin du siècle. Ajoutons à cela une consommation effrénée de ressources et de matières premières – 1,7 fois plus que ce que la Terre est capable de nous offrir chaque année – et nous voici confrontés aux données du problème. Ce n’est pas de l’écologie. C’est de la physique. Nous commençons à peine à en subir les conséquences